La Triumph Bobber, 1ère du nom, est un succès incontestable. Depassant allègrement tous les objectifs et devenant la moto « a la plus vente la plus rapide » de l’histoire de la marque anglaise avec près de 700 unités écoulées l’année dernière. Il lui fallait une petite (ou une grande ?) soeur : la Bobber blackTriumph bobber black avis test essai

Cette année, alors que le ciel gris et morose planait au dessus de Paris, que les averses de neige mettaient à l’épreuve les plus courageux à 2 roues, je reçois un appel de Triumph me proposant d’aller essayer leur nouvelle version de la Bobber au sud de l’Espagne. Que demander de plus ? Il faut le dire, j’avais pris un pied certain à tester cette moto l’année dernière et en gardait un très bon souvenir.

Billet d’avion en poche, puis arrivée du côté de Malaga. Cette fois-ci, le soleil était au beau fixe et à en croire les autres essayeurs, la route de Ronda est un classique des motards.

Mais pas trop vite, avant de rentrer dans le vif du sujet et de la moto, il est nécessaire de rappeler l’origine de la Bobber.

Que ceux ayant déjà lu notre précédent article sur le sujet ici  (merci à vous), vous pouvez sauter directement sur la 2ème partie de l’article.

Pour les autres, continuez à lire, vous pourrez faire les malins devant les copains après.

Bobber : L’origine du style

Le nom et le style Bobber sont nés dans les années 40 et ne sont pas le fruit de l’esprit torturé d’un type nommé BOB 🙂

Juste après la guerre, les militaires visaient un look unique très pur et dépouillé pour les motos afin de les rendre plus excitantes à rouler. Un cadre rigide, des gardes boues coupés à leur stricts minimum, un gros moteur et une selle mono. Cela s’appelait  « to bob »en américain…d’où le nom bobber.

Plus légères et plus petites que leurs concurrentes américaines, les Triumph dès 1937 avec la 500cc Speed Twin sont devenues des bases idéales pour tout ceux souhaitant se prêter à l’exercice. Une des principales différences, au delà du moteur, était une roue avant étroite offrant une meilleure maniabilité.

Fort de son héritage, les anglais de Triumph ont puisés dans leur héritage pour sortir la Bobber l’année dernière. Une stricte monoplace, équipée du 1200cm3 High Torque, à la ligne très pure, offrant 77ch et 106nm de couple.

Debut 2018 arrivera en concession la Bobber Black, quelles évolutions vont la caractériser ?

Triumph Bobber Black…to the bone !

  • Le look

Pour l’aspect général, Triumph propose la même base. Même châssis, même moteur de 77ch issu du 1200CC High Torque, même look bas et pur. Cependant, la comparaison en reste la.

En effet, nous avons l’impression que la moindre petite pièce a été peinte en noir. Et il faut le reconnaitre, le noir c’est classe.

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Le premier élément sautant aux yeux est la ligne d’échappement équipée de 2 pots peashooters « Slash cut » entièrement noire. Ajoutez y à cela : la pédale de freins, les reposes pieds, le sélecteur, les leviers de frein et d’embrayage, les carters moteurs, le guidon, les jantes, le contour de phare, le dessous de selle,… et vous obtenez la Bobber Black.

A propos, je trouve que Triumph a particulièrement bien joué ses cartes puisque lors des essais routes, chaque essayeur avait son style vestimentaire propre mais cette moto se conjuguait plutôt bien donnant une allure soit « Badass » soit au contraire très « Gentleman », sans tomber dans les clichés. Je pense que c’est lié au choix de la teinte légèrement satinée, entre le mat (qui peut vite faire Rats) et le brillant (trop m’as-tu-vu).

Bien sur il y a tout un lot de pièces que j’enlèverais, principalement les rétros, qui élargissent la moto, et le support de plaque qui casse le superbe travail sur le garde boue arrière, mais cette moto a tout de même une sacrée gueule.

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En terme de finition, on y retrouve les standards de Triumph. C’est beau, c’est propre, c’est bien pensé, on apprécie les petits détails comme le compteur de vitesse réglable pour s’adapter à chacun, la selle sur rail pour permettre au plus grand de prendre de la distance et ne pas ressembler à un crapaud, les fils cachés, le faisceau électrique quasi invisible, la ligne d’échappement très belle (alors que le catalyseur se trouve caché entre les tubes du cadre), l’amortisseur à ressort noir…

La dessus, on aime ou pas la ligne de la moto, mais sur les finitions pour une moto de série, c’est magnifique.

Le petit bémol est sur le radiateur toujours aussi costaud. Cependant, aux vues des normes anti-pollution, je pense que l’on devra s’y faire pour toutes les motos à venir…

Autre chose, la Bobber reste une moto à une seule et unique place. Ne comptez pas pouvoir y intégrer à l’avenir un accessoire de chez triumph pour aller rouler avec votre compagne (ou votre compagnon).

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  • Les évolutions

Et oui, car il ne s’agit pas simplement de la tremper dans un pot de peinture noire pour sortir une nouvelle moto.

Le principal travail a été effectué sur la partie avant. Il avait été reproché un freinage un peu léger sur la version « classique », du coup Triumph a équipé celle ci d’un double disque 310mm avec 2 étriers Brembo pour bien ralentir la belle. La fourche a été grossie pour passer en 47mm en Showa (au lieu du 41mm Kayaba) et surtout le pneu avant passe en 16″ au lieu du 19″. Le tout lui faisant prendre un peu moins de 10kg sur la balance pour atteindre les 237,5kg.

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Ces 3 éléments lui offrent un look plus trapu et musculeux. Cela me donne l’impression d’un Hot Rod à la sauce moto et je pense que c’est clairement ce qu’elle est. D’ailleurs, il n’a pas fallu grand chose pour que des mini départs arrêtés s’organisent et fassent crisser les pneus arrière des Bobber à la manière d’un sprint de Hot Rods.

En terme de technologie, on y retrouve les standards ABS, Ride by Wire, Traction control, les modes de conduite (pluie et route) et en équipement entièrement en LED.

La grosse nouveauté provient du Cruise Control, s’activant en 2 pressions (un pour l’allumer, et un pour bloquer la vitesse, uniquement à partir de la 3ème vitesse) qui doit offrir un certain confort sur les longs trajets. Nous n’avons pas eu trop l’occasion de le tester mais parfois sur un bout d’autoroute ou de nationale à radars… ça peut vous sauver vos points.

Un autre élément plutôt cool est le DRL pour « Daytime Running Light » intégrée au phare avant. Plutôt beau, il est surtout efficace pour vous voir arriver de loin… (et je trouve que ça donne un petit côté Bruce Wayne assez cool 🙂 )

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Sur la route avec la Bobber Black

Soleil au beau fixe, 20°C, avec une moto à essayer sur les belles routes du Sud de l’Espagne, y a pire comme journée 🙂

Il est encore tôt alors que nous enfourchons les motos. Parmi les essayeurs tous les gabarits sont représentés. De moi faisant 1m74 aux plus costauds de 1m88 et sans doute plus de 100kg. La moto bien que basse s’accorde plutôt assez bien aux différentes corpulences.

Assis dessus, je prends le temps d’apprécier les détails sur le modèle dont j’ai hérité, la Jet black (noir brillant). La selle est comfortable et surtout permet de bien se caler dedans. Il est temps de partir sur les routes de l’arrière pays espagnol et…. je rate les reposes pieds. En effet, je les cherchais plus en avant mais au final, ils sont dans l’axe du corps, offrant une position assez droite, qui ne tire pas sur le dos. Le guidon tombe naturellement dans les mains et l’on n’est pas en appui dessus, ce qui évite les douleurs sur les longs trajets.

Nous démarrons et ce bruit (d’origine !!) est beau et rauque. Franchement, il est vraiment très réussi. Bien sur,on aimerait qu’il crache un peu plus, mais les amis n’oublions pas qu’ici tout doit être homologué 🙂

Les commandes d’embrayage, de gaz et de freins sont souples, même si je trouve les leviers légèrement gros. A peine sorti de l’hôtel, nous enchainons moins de 5mn plus tard sur une magnifique route.

Une montée de col très large, avec un bitume très propre et peu de circulation. L’ouvreur accélère le rythme et toute notre joyeuse bande le suit. Ce qui est étonnant, ce qu’au final je n’ai roulé que très peu avec la Bobber « classique » puisque je n’ai pu que faire l’essai l’année dernière et je ne me suis pas assis à nouveau dessus depuis, mais la moto est tellement facile à prendre en main que je retrouve instantanément mes sensations.

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Les virages s’enchainent, la maniabilité de la moto est évidente et surtout le moteur est toujours aussi excitant. J’ouvre en grand, dès la sortie de virage, il s’exprime, prends des tours, le bruit de l’échappement me résonne dans les oreilles et il tracte jusqu’à la prochaine courbe. J’attrape les freins, les doubles disques permettent de bien ralentir la moto, la sensation de sécurité et d’efficacité est là, avant de plonger dans le virage suivant.

Sur les grandes courbes, rien à signaler sur la garde au sol de la moto qui permet de passer (vite !) sans racler les reposes pieds. Le comportement de la moto est hyper sain et ne surprend pas du tout. Il y a certes un certain poids à emmener mais les changements d’angles sont faciles sans avoir forcer ni sur les cales pieds ni le guidon.

Concernant le freinage, l’ABS se déclenche facilement à l’arrière si l’on est un peu lourd sur la pédale.

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La route finit par se rétrécir et nous passons sur de la vraie route de montage, plus étroite.

Dans ce genre d’enchainement de virage, je conduis assez facilement sur le couple sans avoir à changer de rapports constamment. On peut reprendre assez bas dans les tours, sans que ce soit désagréable, puis ouvrir pour bénéficier du couple avant le virage suivant.

Dans ce genre de situations, à rythme soutenu, la garde au sol montre ses limites. Les reposes pieds viennent frotter régulièrement (oui oui même pour moi !) mais la moto étant super homogène, son comportement en est en rien altéré et l’on continue sur sa trajectoire.  Juste avec le sourire au coin des lèvres parceque c’est quand même sympa de les faire frotter 🙂

 

 

Juste après ceci, c’est le moment où j’ai pu vous la présenter en live sur notre Facebook. (A revoir ici)

Petite anecdote : un gardien de parking particulièrement zélé et par conséquent assez lourd nous collait aux baskets avec la maréchaussée locale. Du coup, j’ai du pousser la moto sur environ 50m pour l’amener au spot du live. Et bien, malgré ses 237kg, l’effort n’a pas été sur-humain. Comme quoi, à manœuvrer à l’arrêt est assez simple même pour les petits gabarits. D’ailleurs vous m’entendez légèrement essoufflé au début du live.

Pour l’après midi, nous continuons sur des routes plus roulantes me permettant de tester le Cruise Control. 1 pression pour l’activer, 1 pour bloquer la vitesse. C’est assez déroutant au début, mais au final sur des portions avec pas trop de circulation, cela devient assez vite agréable quand le rythme est imposé. Concernant la prise au vent, vous êtes forcément assez exposés. Dans ces cas là, un bon intégral soulagera vos cervicales. Mais tenir les 130km/h ne devrait pas poser de soucis sur les longs trajets. De toute manière la réservoir de 9,1l imposera des pauses régulières.

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Je me note une tenue de grip des pneus plutôt moyenne. En passant sur certains marquages ou zones humides, des légers décrochements. C’est dommage.

Dernière étape de notre journée de roulage de la ville. C’est vrai que je me posais des questions sur ce nouveau train avant et cette roue plus large qui, normalement, donne de la lourdeur à la moto à basse vitesse. Ronds points, passage entre les files, zig zag pour éviter les bouchons. Personnellement, je n’ai ressenti quasi aucune différence avec la roue en 19″. La moto se faufile, ne « tombe » pas dans les virages aux ralentis et surtout reste très maniable.

Nous voici de retour à l’hôtel, le sourire encore aux lèvres et l’envie de continuer à rouler en tête…

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Notre avis sur la Bobber Black

Il est vrai que ce n’est pas une surprise. La Bobber était déjà une réussite (les chiffres de vente le prouvent encore plus) et cette Bobber black devrait bien poursuivre le même chemin.

Attention, nous ne sommes pas dans le simple « coup de pinceau » pour proposer une nouvelle déclinaison. La recherche esthétique est juste et le nouveau train avant plus musculeux différencient les 2 soeurs Bobbers.

Plus élégante ou au contraire plus « Badass », cette Bobber Black s’accorde à chacun. Et puis, faut pas se mentir, nous sommes tous les mêmes.

On a beau regarder le poids, le couple, les CV, le Top Speed, etc… c’est bien souvent le choix esthétique et de passion qui nous fera craquer pour un modèle plutôt qu’un autre. Et celle-ci, en plus de nous flatter avec ses lignes, se révèle très agréable à conduire grâce à son moteur et son comportement sain.

Elle est proposée a 14 350€ pour la jet black, et 150 € de plus pour la noir mat (disponibilité février 2018)

Face à la concurrence, les Indian Scout ou encore les Harley Forty eight sont dans le viseur. La HD est moins chère mais aussi moins bien…..sur quasiment tout (performance, finition, freinage,…) et la Indian est quand à elle moins polyvalente.

Le seul petit bémol reste cette seule et unique place sur le Bobber Black. Mais franchement, seul(e) avec elle, une belle route, un soleil couchant, est ce que vous avez vraiment besoin d’autre chose ?

Reste à voir dans les mois à venir, si une version de la nouvelle Speedmaster, par exemple en Black, ne pourrait pas satisfaire les amoureux du duo.

Bref un coup de coeur pour cette version Black de la Bobber !

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Notre équipement :

Casque : Veldt Vanguard (article à venir)

Blouson – Leather Monkeys UK 

Pantalon – Uglybros Featherbed Kevlar noir (article à venir et disponible ici)

Chaussures – Redwing Beckman

Gants – Furygan James 

 

Fiche Technique Bobber Black :

Type bicylindre 4T, refroidissement par eau, simple ACT, 4 soupapes

Alésage x Course 97,6 x 80 mm

Cylindrée 1200 cm3

Puissance 57 / 77 kW (77,5 ch) à 6100 tr/min

Couple 106 Nm à 4000 tr/min

Alimentation injection

Mise en route démarreur électrique

Transmission 6 rapports, chaîne

Suspension avant fourche télescopique 47 mm, débattement 90mm

Suspension arrière 1 amortisseur, débattement 77mm

Type de freinage ABS

Frein avant 2 disques, diamètre 310 mm

Frein arrière 1 disque, diamètre 255 mm

Pneu avant 130/90 x 16

Pneu arrière 150/80 x 16

Poids 237,5 kg

Hauteur de selle 690 mm

Longueur 2235 mm

Empattement 1510 mm

Essence 9,1 litres

Permis A (permis moto)

Norme Euro4

Garantie 2 ans pièces et M.O, km illimité

Notre avis / Les + et les -
Le look !Les finitionsLe plaisir de conduite
Toujours une mono placeLe gris des pneus d'origineAutonomie limitée
9Note finale