Triumph nous a surpris, il y a un petit plus d’un mois lors de sprints en Angleterre, en présentant son Triumph Bobber. Une stricte mono-place équipée du fameux 1200CC High Torque.

Hérésie ou légitimité ?  Réussite ou mauvaise surprise ?

Avant de répondre, reprenons dans l’ordre..

L’histoire

Il faut bien le reconnaitre quand on parle de Bobber, Triumph n’est pas le premier mot qui nous vient en tête.

Ces motos des années 40, juste après la guerre, visaient un look unique très pur et dépouillé. Un cadre rigide, des gardes boues coupés à leur stricts minimum (to bob, en américain,..d’où le nom bobber. Celle la vous pourrez la ressortir devant vos potes ;), un gros moteur et une selle mono.

Plus légères et plus petites que leurs concurrentes américaines, les Triumph dès 1937 avec la 500cc Speed Twin sont devenues des bases idéales pour tout ceux souhaitant se prêter à l’exercice. Une des principales différences, au delà du moteur, était une roue avant étroite offrant une meilleure maniabilité.

Ce n’est donc plus niable, Triumph a ce sang Bobber qui coule dans ses veines depuis bien longtemps.

Le nom « Triumph Bobber »

Aie ! J’attends deja les commentaires du style « un bobber c’est une moto unique faite par soi-même à la sueur de son front, à coups d’ongles arrachés et de tassement de vertèbres au premier nid de poule, un truc de mec genre Daryl dans the walking dead quoi (si si, il a un bobber sur base Triumph !) »

Pas totalement faux. Mais reprenons un cas concret. Il y a encore quelques années il était inconcevable d’imaginer un café racer produit en série. Tout comme les bobbers actuels, elles étaient le fruit de particuliers et d’ateliers spécialisés. Aujourd’hui, la plupart des constructeurs sortent des modèles aux look réussis idéals pour rouler au quotidien sans avoir son CAP mécanique ou alors comme base moderne pour les garages.

De plus, pour le cas de ce Bobber, ayons bien en tête qu’être aussi radical qu’il y a 80 ans (cadre rigide, échappement libre, freinage, etc…) est inconcevable notamment vis à vis des loins anti-pollution (Euro 4) et de sécurité. Les ingénieurs de chez Triumph ont fait des compromis par rapport aux modèles d’antan mais la vrai question est : Peu importe le nom, cette moto est elle réussie ?

 

L’esthetique

Que ce soit la Street Twin, la Thruxton ou la T120, Triumph a accompli un travail de Titan ces derniers temps sur l’intégration la plus discrète possible des éléments disgracieux..

Le Triumph Bobber ne déroge pas à la règle et dès le premier coup d’oeil, aucun élément ne vient entacher la ligne très pure de cette moto. Vous ne trouverez pas un bout de faisceau éléctrique débordant ou un élément dont la finition n’a pas été travaillé. On ressent vraiment la passion que Triumph a mis en concevant ce Bobber.

Le pari de faire un bobber réussi était un veritable challenge.

Un des principaux éléments déterminant est le cadre donnant l’illusion d’être rigide. En fait, un gros mono amortisseur habillement dissimulé sous la selle assure le job.

Le 2nd est la ligne d’échappement que l’on croirait d’un seul tenant. Cette fois-ci c est un pot catalytique sous la moto, totalement invisible, qui assure l’homologation Euro 4.

Une multitude de détails, le laiton et l aluminium brossé renforcent l’aspect « vintage » de la moto.

Parmi les bonnes idées, la boite à batterie en acier, le contacteur à clé déporté sur le côté droit de la moto, les « faux » carburateurs toujours aussi beaux et bien intégrés, etc..

Concernant les pneus, Avon a développé spécialement ses Cobra pour venir chausser l’avant en 19’’ et l’arrière 16’’.

Le compteur est bien pensé. Tout d’abord sa position ajustable en quelques secondes via une molette pour s’adapter au champ de vision de chacun mais il contient toutes les informations nécessaires et immédiatement lisibles via le commodo gauche. Nous y retrouvons jauge à essence, compte tours, trips, vitesse engagée etc…

Si j’avais un bémol à emettre (et il en faut toujours un 🙂 ) ce sont sur les clignotants et le feu stop arrière trop imposants à mon goût. Dictés par les contraintes légales, Triumph n’avait malheureusement pas d’alternative. Par contre, de notre côté, un changement pour des modèles discrets et pourquoi pas avec une plaque d’immatriculation déportée peut être du meilleur effet ! Le feu avant est quant à lui d’une taille tout à fait raisonnable et s’intègre parfaitement dans la ligne de la moto.

Au final, on se retrouve qu’avec ce qui caractérise l’essence meme d’un bobber : un gros moteur bien visible, un look dépouillé et une moto basse offrant cette ligne très pure et minimaliste.

Le moteur et les informations techniques vitales !

On y vient 🙂

Le connaissant justement par les précédents essais. Mais ce sont des petits coquins chez Triumph car ils nous ont donné les specificités moteur qu’à la fin de la journée de roulage !

Il est calé calé à 270°, et affiche 106Nm à 4000 tours/minutes et 77ch à 6100 tours.

En effet, il a été re-cartographié et modifié pour offrir +10% de couple à 4000tours/m qu’une T120. A titre de comparaison, ca fait + 42% par rapport à une Speedmaster de 2015

Egalement, la puissance arrive en bas, lui donnant ce vrai ADN de Bobber.

2 modes sont disponibles « Rain » et « Road » délivrent la puissance différemment (meme si dans la pratique je n’ai pas réellement senti la différence) associé à une boite 6. Niveau technologique, elle est équipée de l’ABS, Traction Control (déconnectable )et Ride by wire.

L’essai

Généralement les quelques-fois où je suis monté sur un bobber, cela équivalait à s’assoir sur un morceau de bois avec la position dite du « Crapaud » (les bras en avant et les pieds aussi, bonjour le dos), et à la conduite de camion.

Voyons ce que donne cette Triumph Bobber …

Bien que minimaliste la selle cale bien. Réglable en plusieurs positions, je préfère me mettre au plus près du reservoir afin d’avoir les pieds quasiment dans l’alignement du corps.

Ils l’appellent le «Up and forward » pour une position plus proche du roadster. A contrario du « Down and back » mieux adapté pour « cruiser ».

Pour moi, avec mes 1m74, mes 2 pieds touchent LARGEMENT au sol.

A propos, d’autres essayeurs de plus de 1m90, ont su trouver également leur position idéale en ajustant la selle sans sembler « disproportionné » par rapport à la moto.

Je démarre la moto et elle se reveille dans une sonorité rauque. Très réussi pour de l’origine…

Malgré le froid et la pluie (erreur de débutant de croire qu’il fait beau à Madrid ! J’avais pris des gants d’été et lunettes de soleil…), nous voila lancé pour plus de 250 km entre villes, voies rapides et routes sinueuses de montagne.

Premier ressenti : j’ai un peu de mal à trouver ma place sur la moto, comment placer mes pieds ou encore si je dois serrer le reservoir avec les genoux. Cependant, je n’y suis pas pour autant mal à l’aise. La facilité des commandes y est pour beaucoup, elles sont fluides, les vitesses passent facilement et la géométrie de cette moto en fait un veritable vélo. 

L’amortisseur remplit son role à merveille et incite meme à la confiance sur certains dos d’âne. Attention cependant, si vous allez trop franchement, petit effet raquette qui vous éjectera de quelques cm de la selle.

Les kilomètres défilent, mon nez continue de goutter, et malgré les poignées chauffantes (en option), je pense à l’amputation de l’index droit. Mais je me fais à cette moto et me surprends à oublier d’être sur un bobber.

Comprenez par là, que j’attaque les virages comme sur un roadster, tellement cette moto se laisse diriger et donne confiance. La garde au sol est bonne, les cales pieds ne frottent pas à chaque virage (sauf bien sur avec les autres essayeurs, eux pilotes, qui ont décidé de re-designer la forme des cales pieds..) et clairement en enroulant il y a moyen de passer vite sans faire frotter.

Concernant le « nouveau moteur », la différence se ressent immédiatement par rapport au T120.

On adore mettre du gaz et sentir le moteur tracter et tracter. Quel pied ! La position est bien réfléchie et permet de prendre les accelerations bien calé. J’enroule dans les virages puis les gazs en grand pour sentir la puissance débouler !

Pour moi, le vrai plaisir de ce Triumph Bobber réside dans ce moteur aussi à l’aise en ville que sur routes.

Sur les rares portions de voies rapides, nous croisons tranquillement à 140km/h. La position permet de ne pas peiner et il semble possible de pouvoir enchainer des centaines de km dans cette position. Par contre pas evident de tester le Top speed mais elle monte très facilement a 180km/h.

Video : Détails + On board + acceleration + son

Des questions que vous allez forcément nous poser :

  • « Cette Triumph Bobber n’est qu’une seule place ? »

Oui et elle est homologuée ainsi, c’est à dire qu’un accessoire type selle 2 places ne verra jamais le jour.  C’est un énorme parti-pris de la part de Triumph.  Cependant, après discussion, selon eux l’essence meme du bobber est une selle mono et toute la moto a été réfléchie en fonction de cela. Que ce soit la position, le débattement de l’amortisseur, la géométrie de la moto, la gestion des masses, etc…

  • « J’hésite entre une T120 et un Bobber, laquelle choisir ? »

Alors là c’est un choix personnel !

A titre perso, j’adore le travail effectué sur le moteur de la Bobber, c’est un jeu dont on ne se lasse jamais. Par contre, la T120 offre cette seconde place bien utile pour transporter quelqu’un, sangler un sac etc…

La meilleure solution est d’aller faire un essai en concession. La Bobber est une moto à « coup de coeur ».

  • « Quand sera t’elle disponible et à quel prix ? »

Les premières livraisons sont prévues pour mi-fevrier à 12900 € pour la version Jet Black. Il faut compter environ 150 € en plus pour les autres couleurs et 300€ supplémentaires pour les versions bicolores.

  • « J’aimerais en faire une moto véritablement personnalisée tout en restant homologué, comment faire ? »

Triumph prend de plus en plus en consideration la customisation. Ils proposent plus de 150 accessoires dont 2 packs très réussis.

Le Old School Bobber – petit coup de coeur pour cette version – pour un look plus radical avec notamment son Ape hanger (tarif définitif à arriver mais aux alentours de 1800 €)

Le 1/4 mile Bobber Kit, plus typé dragster. Idem le prix sera à affiner mais aux alentours de 1700 €

Conclusion pour le Triumph Bobber :

Je ne suis pas vraiment un « bobber guy » à la base . Mais il faut reconnaitre que Triumph continue sans cesse de nous surprendre avec ses nouveaux modèles que ce soit en terme de finitions que de plaisir de conduite.

Ce Bobber ne déroge pas à la règle. Pensé de A à Z, cette moto, en plus d’un look très pur d’inspiration Hot Rod, est terriblement agréable à rouler, tout en intégrant toute la technologie moderne.

Equipé de quelques accessoires, ce Triumph Bobber peut facilement devenir une vraie moto personnalisée. Comme précisé dans l’article, c’est une moto « coup de coeur » et vu les sourires à la fin d’essais, elle a rempli son pari. Et j’ai toujours mon index !

 

 

Equipement : Casque Davida Speedster V3 (article prochainement), Blouson Segura Nimes, Gilet Carharrt, Pantalon Levis 511, chaine de porte feuille Red Leather, chaussures Timberland, gants Biltwell Bantham, tour de cou Edition limitée A&M pour A Piece of chic.

Notre Avis / Les + et les -
Le moteur !La ligne généraleLa qualité des finitions
La mono-placeLes clignotants et feu arrièreLes quantités limitées pour la France
8.7Note finale
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