Royal Enfield : la légende

Ahhhh Royal Enfield…. la marque mythique, le culte indien. Lors des récents salons moto internationaux, les constructeurs ont démontré une fois de plus leur intention de répondre aux attentes d’une clientèle désireuse de rouler sur des motos fiables avec un look vintage. Certaines marques ont brillamment réussi ce tour de force, alors que d’autres ne fournissent que le contenant… sans le contenu (pour ne pas citer une collaboration sino-française).

Cependant, un constructeur semble perdurer son savoir-faire en gardant une recette aussi antique que la potion magique d’Obélix : Royal Enfield. Pour situer la légitimité de la marque dans la course au vintage, faisons un bref rappel historique.

Apparu peu avant 1900, rien que ça, le constructeur Royal Enfield était alors un fabricant d’armes. C’est en 1899 que la marque produit son premier tricycle motorisé puis son deux-roues en 1901. Pour faire un clin d’œil à son passé, le slogan de la marque restera : « Made like a gun ».

Devant faire face à de graves difficultés au cours des années 60, un industriel indien va racheter la compagnie pour redorer son image et  y insuffler une nouvelle jeunesse.

Aujourd’hui encore, le marché indien ne jure que par cette marque, ce qui en fait, pour des raisons démographiques évidentes, le plus grand constructeur mondial de deux-roues.

Bien que peu répandues sur le marché français au cours du XXeme siècle, le constructeur a su s’implanter en Europe. Notamment grâce à de nouveaux modèles à injection laissant présager une excellente fiabilité. C’est notamment le cas de la Classic Chrome qui est le sujet de notre test.

Une réelle moto à l’ancienne….

La Classic Chrome associe réellement le charme de l’ancien avec la fiabilité moderne. Contrairement à de nombreuses marques lésinant sur les détails, Royal Enfield à fait le choix de faire une moto épurée mais extrêmement bien finie. Très peu d’accessoires sont présent sur le véhicule, comme en témoigne le compteur rond ne rassemblant que le très peu d’informations nécessaires à la pratique de la moto (n’espérez pas une jauge d’essence).

A première vue, la Classic Chrome est très flatteuse, par ses courbes féminines, son chrome rutilant et son liseré or qui se fond parfaitement dans le miroir. A noter que bon nombre de ces détails de peinture sont faits à la main dans les usines indiennes.

Lorsque l’on monte sur la moto, la hauteur de selle étonne tant elle est basse (à préciser que je mesure 1m90). Cependant, cela à un réel intérêt dans les utilisations citadines car la belle se faufile aisément entre les voitures. Son réservoir rond épouse bien les cuisses et permet de prendre l’indienne en main (ou en jambes) plus aisément.

Royal Enfield Classic Chrome essai test avis prix occasion

 

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Vient le moment de la démarrer, et là…. Quelle surprise ! Personnellement j’adore le son rauque du mono associé à un silencieux long tout aussi chromé que le réservoir. Mon dieu que cette sonorité est envoûtante, sans pour autant être trop bruyante. Et l’agrément de conduite alors ?

Cette moto est étonnante de souplesse en ville et m’a fait remonter dans le temps en me rappelant ma DT50MX qui me véhiculait durant mon adolescence. Simple, fiable, pratique et passe partout. La position est très droite, avec une selle extrêmement confortable (même pour le pouf passager), permettant d’avaler de nombreux kilomètres sans trop accuser le coup.

Cependant, ce qui constitue un des défauts majeurs de cette machine est l’association de cette position droite avec l’absence de protection au vent. Résultat des comptes, passé les 90km/h, il devient presque impossible de ne pas se cramponner au guidon pour éviter de s’envoler. Cette moto n’est clairement pas faite pour l’autoroute. D’ailleurs, passé les 100 km/h, la moto commence à trembler et laisse craindre le guidonnage.

La Classic Chrome : une fiabilité…. Éblouissante !

En ce qui concerne la motorisation, 20,3 KW (27 chevaux). Voilà tout est dit. Inutile d’espérer du couple ou de la reprise, cette moto est avant tout une excuse pour se balader dans la campagne et emprunter des petites routes. Attention tout de même à ne pas se faire surprendre dans les courbes car la souplesse citadine ne se retrouve pas à haute vitesse et oblige à l’anticipation permanente.

En parlant d’anticipation, le freinage est ici à la hauteur des performances de la machine, modéré. La Classic Chrome est équipée à l’avant d’un simple disque de 280 mm pincé par un étrier à 2 pistons, et d’un tambour de 152 mm à l’arrière, ce qui donne un résultat très peu convaincant. Pour tout dire, le tambour arrière est si anecdotique qu’il pourrait être proposé en option.

Autre défaut majeur, lorsque vient le moment de s’arrêter pour couper la machine, le point mort est extrêmement difficile à trouver à tel point qu’il faut s’y prendre à plusieurs fois pour voir le N s’illuminer. Aussi, on notera l’impossibilité de la démarrer tout en laissant la béquille.

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Conclusion

Pour conclure, cette moto est un réel bonheur autant sur le plan visuel que dans l’agrément de conduite en ville. J’ai personnellement moins aimé la rouler lorsque j’ai dépassé les 90 km/h mais là n’est pas le but.

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Pour un prix proche des 5000 €, avoisinant les 3500 € pour le modèles d’occasion, ce 500cm3 indien est le parfait compromis pour les jeunes permis voulant rouler à l’ancienne (compatible A2 sans bridage), ou pour les plus anciens désireux de retrouver les sensations d’antan sans craindre de tomber en panne en pleine campagne.

Plus d’infos ici.