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Trails des années 80/90 : Cagiva Elefant 750 – 1988
Lifestyle

Trails des années 80/90 : Cagiva Elefant 750 – 1988

TomTom -

Cagiva était un fabricant de pièces métalliques et son fondateur Castiglioni Giovanni était un mordu de compétition moto. En 1978, il rachète l’entreprise AMF Harley Davidson basé dans la commune de Varèse. Tu ne remarques rien ?

Le nom « Elefant » est tiré du logo historique de Cagiva qui a toujours vu l’animal comme symbole de puissance et de longévité.

C’est en 1985 que la première 650 Elefant arrive, un destin tragique mais incroyable l’attend… Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que je ne peux te présenter la 750 Elefant sans te présenter sa « génitrice » la 650 Elefant.

 

Des larmes et du sang

En 1984, Hubert Auriol démarche Cagiva pour le Dakar mais avec moins de 10 ans d’existence, Cagiva n’a pas l’expérience des gros teams historiques ! En un temps record, Cagiva rattrape son retard et aligne sa première 650 Elefant au Dakar 85 (équipe Ligier-Cagiva). La 650 rivalise avec les GS mais pèchera par son manque de fiabilité.

1987 – L’Africain s’en va, la 750 Elefant vient de naitre !

Après une année 86 dramatique (décès de Sabine/Balavoine & pilote Caviga G.P Marinoni)

L’année 87 sera l’année d’une lutte d’anthologie entre Auriol & Neveu où de nombreux rebondissements apporteront un suspense jusqu’alors jamais vu ! (chutes, casses, erreurs de navigation etc). Un duel qui se soldera au dernier jour par un écart de … 33 secondes entre les deux pilotes !

Une arrivée qui se fera dans la souffrance et les larmes d’Hubert. Il amènera vaillamment son Elefant sur la ligne d’arrivée au prix de 2 chevilles cassées. C’est à ce moment qu’il mettra fin à sa carrière de pilote moto en déclarant : « C’est fini j’arrête » … Sans le savoir il venait par son acte héroïque d’inspirer la 750 Elefant.

 

La marche des éléphants

C’est à la suite de l’accident de Auriol que Cagiva décide de sortir la 750 Elefant en 1987 (Monofaro). Réel hommage ou coup marketing ? Quoi qu’il en soit, l’idée n’est pas mauvaise…

La plus désirable des 750 reste la « Bifaro » arrivée en 88. Elle reçoit le fabuleux 748cc issu de la Ducati 750SS (oui rien que ça). Le bicylindre en V à 90° refroidi par air/huile se caractérise surtout par sa distribution desmodromique, si chère à Ducati. Le châssis est lui salué pour sa qualité et sa rigidité. La suspension sera signée Marzocchi pour la fourche et Ohlins pour l’arrière, ça calme ! La belle recevra même un bras oscillant en alu !

A l’époque la presse est unanime, l’Elefant brille par sa qualité de présentation se situant ainsi au-dessus de la concurrence. Il lui sera reproché un manque de freinage (mono disque only) et un entretien quelque peu couteux, mais on lui pardonne, c’est une Diva italienne !

Ultime pied de nez à la concurrence Japonaise, la « Bifaro » est proposée 7 400 F de moins que l’Africa Twin 750.

La revanche est un plat qui …

Comme on pouvait le pressentir, l’Elefant 750 sera une concurrente de choix, et ne passera pas inaperçue avec sa magnifique livrée Lucky Explorer. Elle occupera le devant de la scène de 90 à 97 en lutte continuelle avec Yamaha et son pilote star : S.Peterhansel. La marque Italienne soldera ses comptes avec le passé et remportera 2 fois le Paris Dakar en 90 et 94. La boucle est enfin bouclée…

 

Une Elefant dans ton garage ? Combien ?

Trouver une Elefant 750 ne sera pas facile, acheter une édition Lucky Explorer relèvera de l’impossible. La cote tourne autour des 2000/4000€ pour des versions « basiques », mais si tu cherches une Explorer…arme toi de patience ! La légende raconte qu’il y aura eu quelques imports officiels en version Explorer malgré la loi Evin, mais la majorité sont des replicas. Compte tout de même au alentours de 5000€ (voir +) pour une Explorer Replica en très bon état.

Une Italienne se mérite visiblement…

 

Merci à Fabien pour les photos de sa magnifique Cagiva 750 Elefant de 1988 (instagram : @v_brations)