Ah la V85 TT, on en parle depuis des mois. Les photos circulent allègrement sur internet et dans les magazines. Les motos arrivent prochainement dans les concessions. Cette V85 fait parler d’elle. Mais le ramage vaut il le plumage ? Retour sur notre essai sur les petites routes de Sardaigne, où, pour une fois, le soleil était de la partie. 

Quelles sont nouveautés de la V85 TT ? 

Pas la peine de nous étendre sur le sujet. Cette moto fait tellement parler d’elle que cela a été abordé à de nombreuses reprises que ce soit par nous ou d’autres magazines. 

Cependant, prenons le temps de reprendre, en 5 points, ses caractéristiques principales :

1/ Un nouveau moteur. Dérivé de celui de la V9 (retrouvez ici notre essai), il a été entièrement retravaillé afin de fournir plus de chevaux, plus de couple, plus de caractère et également la possibilité de monter hauts dans les tours (7750 trs au max).La belle sort ainsi 80ch et 80Nm de couple pour le 853cm3. Largement de quoi se faire plaisir. 

2/ Le cadre sur-mesure. Le coeur des guzzi reste ce gros bicylindre, tellement caractéristique de la marque de Mandello del Lario. Et à juste titre, ils l’ont compris. A tel point que le cadre à été developpé autour du moteur et non un moteur qui a été rentré dans un cadre existant. La reflexion sur la repartition des masses, sur l’équilibre général et sur le poids de ce moteur si particulier en roulage a donc été pensé par les ingénieurs italiens en amont. La forme du reservoir a été adapté en conséquence avant de libérer visuellement le moteur et le faire ressortir dans la ligne globale de la moto. A noter qu’il s’agit toujours d’un refroidissement par air. Les normes anti pollution n’auront pas eu raison de cette Moto Guzzi V85 TT ! Egalement, c’est la seule à avoir une transmission par cardan. Bon point pour l’entretien !

3/ Rentrant dans la catégorie des « Classic Enduro », la Moto Guzzi V85 TT séduit avant tout par son look. Inspiré des Guzzi inscrites au Dakar en 85 et 86 (en particulier la couleur Giallo Sahara), elle reprend effectivement une ligne globale à la fois classique mais aussi bien moderne. Tout d’abord, les lignes. Regardez bien entre la base du reservoir et la selle, la moto conserve une droite quasi parfaite. Ajoutez à cela une diagonale allant de la chute du reservoir aux caches latéraux et vous avez une moto équilibrée visuellement. A coté de ca, on note l’effort de Moto Guzzi de s’inscrire dans les détails et finitions avec notamment le fameux Aigle, emblème de la marque, repris en DRL dans les 2 optiques LED de l’avant. Pour l’arrière, en LED également, ils se sont inspirés de 2 turbines à réaction. Un peu mégalo ? Sans doute mais plutôt très bien réussi. 

Quand aux matériaux, il faut le reconnaitre, il y a pas mal de plastique (notamment le reservoir). Bon, ce n’est pas forcément négatif notamment car les italiens maitrisent très bien ces techniques, mais surtout elle permet de modérer le poids global de la moto, d’avoir des pièces moins chères à remplacer et surtout moins fragiles que le métal. Plutôt pas bête quand cette V85 TT est annoncée pour pouvoir également se frotter en off road à des cailloux et des branchages… 

4/ Ce n’est parce qu’elle a un style « classic » que cette V85 TT fait l’impasse sur la technologie. Cependant, comme on est chez Moto Guzzi pas de course à l’armement. On reste sur les classiques ABS, le ride-by-wire et le traction control. A propos, plusieurs modes sont disponibles : ROAD / Rain / Off road désactivant ou abaissant les niveaux d’ABS (totalement déconnecté à l arrière en Off Road) et le traction Control. Ne cherchez pas de bouton « mode » dédié, il faut démarrer la moto et appuyer à nouveau sur le démarreur pour passer de l’un à l’autre ! Un écran TFT plutôt réussi (meme si les couleurs sont …. À l’italienne !), distille les informations nécessaires comme le regime moteur, la vitesse, km, heure, l’indicateur de vitesse engagée. Le tout est modifiable via un bouton sur le commode droit qu’il vaudra mieux manipuler à l’arrêt pour se perdre au mieux dans le menu.  A noter que le cruise control est de serie, plutot un bon point lorsque l’on doit faire des trajets ennuyeux sur autoroute, mais que les poignées chauffantes sont en option. Moto Guzzi a développé Moto Guzzi MIA, une application et plate-forme multimédia pour faire apparaitre sur l’écran TFT un trajet, un appel entrant  ou encore jouer de la musique (via un intercom) via le commode. Une prise USB à coté du compteur est plus qu’utile justement pour recharger son téléphone…

5/ Le prix ! Et c’est sans doute la que Moto Guzzi fait très fort avec sa V85. Face à ses concurrentes, elle n’affiche que 11 699€ pour les versions unies et 11 899 € pour les versions plus colorées. Et pour 200€ de différence ce serait dommage de se priver. En sachant que cette moto est produite dans l’usine historique de Moto Guzzi, celle de Mandello del Lario, en Italie. Et ca, c’est plutôt très cool ! 

Sur la route et sur terre : Essai de la V85 TT

Voici la partie qui nous intéresse.

Pour préciser, et comme je le disais dans le Live sur Instagram, de base l’univers des trails n’est pas dans mon ADN. Souvent trop hautes et lourdes, je leur préfère les Scrambler bien plus proche de ma vision de la moto on/off road. Cependant, cette V85 TT me tapait allègrement dans l’oeil depuis sa présentation et aller la titiller sur le bitume (et le sable) de Sardaigne me tentait énormément.

Tout d’abord, parlons de l’assise. Etant donné que je suis un petit gabarit (1m74), sur ce genre de moto je dois me déhancher pour poser les pieds au sol. Ici ce n’est pas le cas. La selle est basse (d’origine meme si une rabaissée sera disponible en option) et me permet de poser un pied entièrement à plat et le 2nd, le 1er tiers complet. Plutôt rassurant lorsque l’on doit manoeuvrer la moto à basse vitesse. De plus, elle est très équilibrée et ne vous emmène pas par terre avec elle si vous avez l’audace de lui mettre trop d’angle en cherchant à poser votre pied au sol. A propos, la béquille est très bien placée et mettable très aisément. Il n’y a rien de pire que de la chercher pendant 2mn pour finir par descendre de la moto… Ici rien à craindre.

Mes mains se posent sur le guidon, pour une fois je n’ai pas l’impression de conduire un camion, les bras se positionnent naturellement sans trop s’écarter ni avoir les coudes trop hauts. La selle est étroite et permet de bien serrer les genoux autour du reservoir tout en gardant les cylindres à distance respectable pour éviter les brulures.

Il est temps de démarrer la bête. Vous connaissez mon affect avec les Guzzi et ma Le Mans. Cette V85 TT garde t’elle ce supplément d’âme « le fameux couple de renversement de droite à gauche »  ? Une pression sur le démarreur, elle se reveille. Quelques coups de gazs… et oui ! On retrouve cette dynamique si particulière. Ouf, les italiens ne l’ont pas aseptisée. 

Nous nous élançons sur des petites routes plutôt droites pour rejoindre les routes à virages en hauteur. Lancés à 90/100km/h je constate que le saute vent d’origine ne protège pas énormément les épaules et la tête mais rien d’insoutenable car elle ne provoque pas de remous. En se penchant de quelques cms en avant, la position est tenable et même sur de longues distances. Pour ceux qui veulent être aussi à l’aise que dans leur canapés, une bulle plus haute sera disponible en option. 

Le hasard des groupes ayant fait que je sois PILE derrière l’ouvreur, ou dit la place « du mec qui doit rouler fort » Il ne va pas falloir flancher. C’est à dire suivre son rythme à l’approche des enchainements de virages sur des routes, propres, sèches mais guère larges, sinon la horde de journalistes derrière moi ne manquera de me pousser dans le ravin. 

Je le vois partir, je suis son rythme, le virage arrive, il couche la moto. BANZAI, c’est le moment d’y aller… Et là, la V85 TT y va hyper naturellement. Une légère pression sur les cales pieds et le grand guidon, la font se mettre sur sa trajectoire sans forcer. Wow ! Merci au combo de la roue avant en 110/80/19 et roue arrière en 150/70/17. 

Les virages s’enchainent, la cadence augmente, et la confiance en soi et en la moto aussi. Le travail sur la partie cycle a été vraiment exceptionnel et l’avant est tellement rassurant. On balance la moto de gauche à droite, pas légère mais très agile, en ne cherchant qu’à prendre la meilleure trajectoire. La V85 TT obéit aux doigts et à l’oeil, les suspensions encaissent sans broncher, les pneus d’origine (suffisaient rare pour le préciser) sont hyper rassurants et permet aussi bien de rester dans sa trajectoire sans mouvements perturbants mais aussi ne s’y verrouille pas permettant de re-ajuster en cas d’arrivée un peu trop optimiste. 

Côté freins, on est en Italie. Et les italiennes ca freine. Merci les doubles disques et les étriers radiaux Brembo 4 pistons. Et même le feeling est agréable. Souple et doux au début et quand il faut ralentir les 229kg de l’engin, puis il devient plus mordant et progressif quand il faut vraiment que ca freine. Généralement sur ce genre de motos hautes, on a tendance à jouer au cheval à bascule, avec la fourche plongeant sur les gros freinages et l’arrière s’écrasant à la relance. Bien évidemment, on sent la fourche agir de la sorte mais c’est très modéré et absolument pas désagréable. Quand à l’amortisseur arrière, rien à dire. Il assure aussi bien sur les routes défoncées pour le confort que sur les grosses mises de gazs. 

Quand au moteur, effectivement ce n’est pas avion. Mais il est bien là et le gros couple se fait sentir accompagné du son rauque de l’échappement (et y aura meme un pot Arrow en option). Mais en même temps est ce que d’avoir des chevaux à gogo, c’est ce que l’on cherche sur un trail ? La puissance est présente, le couple aussi et l’on se fait plaisir sans avoir à jouer sans cesse de la boite de vitesse. A propos sur celle ci, adieu les « Klong Klonk » traditionnels de chez Guzzi, elle est souple, précise et plutôt silencieux. Nos prières ont été entendues ! 

On roule toute la journée et pas une seule fois nous allons faire le plein. L autonomie annoncée avoisine les 400km, elle chutera en cas de conduite trop sportive mais semble bien proche de la réalité. 

=> En off road

On a meme eu droit à une sessions Off Road « soft » mais parsemée de pierres grosses comme mes 2 poings, de sable en sortie de virage et de poussière vous donnant une visibilité à 1m50 environ. 

Le tout avec une moto de 230kg… Bon ok, cette partie ce n’est pas mon fort, je l’admets. La moto est suffisamment haute pour passer aux dessus des caillasses et un gros sabot moteur protege les parties fragiles. Par contre, prenez les pares-cylindres car après 2 chutes (et ce n était pas moi) les ailettes des cylindres ont pas aimées… du tout ! Sincèrement, la V85TT est plus faite pour la route et de temps en temps faire des chemins carrossables plutôt que le tour du monde uniquement sur terrain accidenté. 

Concernant les accessoires, certaines étaient montées avec les sacoches plastiques. Evitez le, elles se rayent hyper facilement, n’ont pas l’air bien solide (on a cassé le systeme de fermeture… en l’ouvrant..) preferez celles en aluminium si vous voulez partir loin et garder tout votre matériel avec vous.

En conclusion : Notre avis sur la Moto Guzzi V85 TT

ENFIN ! Cela faisait pas mal d’années que l’on attendait un sursaut des italiens de Moto Guzzi. Cette V85 TT pourra bien etre la moto de la renaissance. Plutôt belle avec son look classic enduro, une partie cycle de très haut vol, une feeling de l’avant exceptionnel, de très bons freins, un moteur homogène et adapté à l’usage, des finitions en hausse… Cette V85 TT est bien née.

De là, à l’avoir en usage quotidien, oui. Hyper maniable avec son grand guidon qui braque terriblement bien, elle se faufile bien dans un trafic urbain. A coté de ca vous pouvez partir à l’aventure avec en chargeant pas mal de matériel, mais aussi  rouler plus sportif grave aux nombreuses qualités citées avant… 

Très très bonne surprise, et au final à un prix bien placé.

Bravissimo ! 

=> Pour aller plus loin : le site Moto Guzzi

Notre équipement :

Blouson : Merlin Hamstall Olive 

Casque : Cast MT3

Pantalon : Uglybros Feather bed Kevlar 

Bottes : Stylmartin continental

Gants : John doe

Vidéo : Gopro 7 black

 

Notre avis
Le train avant et les suspensionsLe look ! La maniabilité même à basse vitesseL'agrément de conduiteLe prix !
Le ressenti sur les commodosBulle d'origine un peu bassePare cylindres obligatoires en off road
9.2Note finale