Quand Ed Turner révèle une nouvelle moto, il s’agit toujours d’un événement. Alors quand il s’agit d’un double projet…

Il nous raconte sa démarche.

« la mode passe le style reste »  

Coco Chanel

C’est encore une fois, un peu en marge des dictats stéréotypés du monde du custom actuel, que je suis allé me perdre pour ce (double) projet .

L’inspiration :

Le lifestyle fastueux de mon couple de commanditaires,Wissam et Lana, deux clubbers aux physiques de gravures de mode, collectionneurs de puissants bolides et un dressing  à faire palir une boutique des champs Elysée…

Mon interlocuteur me confie un cahier des charges plutôt succinct:

Il lui faudra 2 motos.

2 GSX des 80’s : un 1100 cc pour l un, un 400 cc mieux adapté au gabarit de l’autre.

Le projet devra être inspiré des lignes de celui déjà présenté par l’atelier Ed Turner en 2015.

Et bien évidemment, à l image du jeune couple, chaque moto se devra d’avoir sa propre personnalité tout en formant un duo harmonieux, voir fusionnel.

Pour le reste, c est carte blanche …

« Pourvu que ça soit 2 tueries ! »     Précise Wissam  avant de quitter l’atelier.

Fort de ces consignes, après avoir checké le parking privé pour me faire une idée de ce à quoi j’allais devoir m’aligner, je vais m’intéresser de très près à ce fameux dressing, pour y puiser les essences qui caractérisent nos amoureux. Des cuirs, des marque de luxe, pas mal de noir , de skull, de clous …

Bref , ambiance rock /chic voir très chic même.

J’ai à faire a des initiés, qui ont visiblement l’habitude d un certain niveau de finition et de confort. Pour ne pas dénoter avec ces standards, d’entrée le choix d un équipement haut de gamme en matière d’amortissement (sur mesure by shaft racing), ainsi que la référence du freinage (Beringer) s’imposait .

Les jantes, d’origine Buell, sont identiques sur les deux motos à ce détail près :

La 400 est en fait pourvue d une paire de roue avant, permettant d envisager l’installation d un frein périmétrique a l’arrière. Esthétiquement très intéressant, surtout avec des disques maison…L’opération nécessitera au passage une sérieuse modification du moyeu, la création d’une couronne avec son support  sur-mesure, sans oublier un peu de gymnastique cérébrale pour faire rentrer tout ça au chausse-pied dans le bras oscillant .

Pour se garantir de rester bien raccord d’un bout à l’autre du projet, les constructions se font en simultané.

D abords les châssis :

pour lui ,

j’opte pour un racer aux traits musclés , tubes de grosse  section, modèle poutres apparentes. Bien masculin.

pour elle ,

quelques chose  de plus léger et minimaliste ,presque transparent ,avec quelques courbes communes, mais, pour pimenter un peu l exercice, dans un esprit tracker cette fois !

Une fois mes deux « mannequins »  filiformes perchés sur leur roues elégamment chaussées en golden tires (pointure 120 et 160), nous allons avec joe, mon bras droit, s’attacher au design et à la confection des différentes pièces. Ce sera de l’aluminium ou rien ! Les réservoirs, les  habillages, les têtes de fourche, etc..

Les revêtement ?  du cuir bien sur !

Tandis que chez monsieur je prends le partie du full black en jouant sur les différents types d étoffes : Poignées dépareillées ,effet rapiécé et patch d’Alcantara sur fond d’aluminium brossé des réservoirs surpiqués.

Le concept :  junk for rich.

Chez madame, on joue plutôt sur l harmonie d une silhouette. Ce sera donc une courte robe d’écailles de reptile clair, généreusement échancrée par quelques zips, laissant apparaître les collecteurs inox. L’ensemble est surmonté d une selle, pour le moins pulpeuse, dont la teinte pourrait faire penser a celle typique de la semelle d un célèbre escarpin…En revanche, voici des initiales à retenir : ASD ce sont celles du petit atelier de sellerie  qui a accepté et relevé ce défit technique avec moi .

La mécanique est comme souvent le seul élément « d’origine » ayant trouvé grâce a mes yeux et qui méritera sa place dans le projet.

Bien sur, Les moteurs sont intégralement ouvert, reconditionnés et réglés a l’atelier, avec mon partenaire Gael (pockabike).

Les blocks sont microbillés puis traités en peinture à effet grainé. Chaque carter fait l’objet d une attention particulière, poli, brossé, gravé ou orné d’un brillant.

Fournis par mes amis d’El Solitario et Red Leather, quelques pièces de cuir brodés trouvent aussi leurs places sur le quatre cylindres. Cache pignons virilement recousu ou décolleté façon corset, de petites exubérances qui passent très bien quand on fait dans la moto de soirée.

Pour finir, tel quelques bijoux fièrement arborés; les commandes reculées serties de clous ou lacées de cuir, les gravures ( by stick your cycles ) ou encore les tés façonnés a leurs noms , apporteront la dernière touche de faste à ces deux créations .

  « la mode peut être achetée, le style doit être possédé »

                                                            EdnaWoolman chase

Quand on parle  couture, il n’y a pas de grande « maison » sans petites mains, alors

Merci a tout ceux qui me permettent d avancer , de progresser et d’écrire l histoire d’Ed Turner.

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Pour les photos du modèle « Madame », elles seront révélées demain par Ed Turner.

Credit photo : Francois Richer

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