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Dainese : le démon de l’équipement moto
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Dainese : le démon de l’équipement moto

Jerome Brunier-Coulin -

Le leader européen de l’équipement moto Dainese vient d’annoncer sa récente acquisition de TCX Boots. Ce rachat est l’occasion pour 4h10 de revenir sur l’épopée du groupe italien qui fêtera bientôt ses cinquante ans.

« Nous sommes extrêmement fiers de cette opération, déclarait Cristiano Silei, le PDG du géant de l’équipement moto, dans un communiqué de presse le 1er octobre 2020. TCX partage avec Dainese la passion du produit et ajoute des compétences techniques et de développement qui sont fondamentales dans les chaussures de moto. »

En rachetant son voisin — les deux sociétés sont basées en Vénétie —, la firme au logo rouge s’étend dans un secteur où son offre était limitée. Alors que TCX se concentrait exclusivement sur l’art bottier avec pour devise « Focus on boots », Dainese avait choisi de se diversifier dès que possible.

Le musée de l'équipement moto Dainese retrace l'histoire de la marque
Situé à Vicence, le musée Dainese dévoile les archives complètes de la marque

C’est en 1972 à Molvena que Lino Dainese fonde la marque à qui il donne son nom et pour laquelle il dessine le « Speed Demon », un logo à tête de diable. L’entreprise consacre les deux premières décennies de son activité à l’équipement et la sécurité pour les motards. Cela commence par des pantalons en cuir pour motocross et se poursuit par des combinaisons dotées d’une bosse de protection dans le haut du dos. En 1980, c’est l’apparition des premiers sliders, des protections pour les genoux qui permettent de contrôler les trajectoires sur circuit. La même année, c’est dans la production de gants de moto que se lance la fabrique transalpine. En 1983, vient la commercialisation de la protection dorsale qui n’était alors utilisée que pour la course. En 1985, c’est l’introduction des inserts élastiques sur les combinaisons et le début d’une collaboration avec la clinique mobile MotoGP. Puis en 1988, Dainese lance la bosse aérodynamique. À la fin de la décennie, c’est une panoplie de protections assez large que le fabricant italien commercialise. Pour cela, il adopte comme stratégie de fournir directement les magasins des principaux pays européens, sans passer par les importateurs.

A l’heure actuelle, une gamme enrichie de vêtements, bottes, combinaisons, accessoires et protections haut-de-gamme pour les deux sexes compose le catalogue Dainese.

De Venise à Mars

Les années 90 sont celles qui voient naître le Dainese Technology Center (D-Tec), un centre technique de recherche et de développement. En 1994, c’est l’arrivée d’Ergon, le premier casque de la marque. Puis en 1998, le confort est mis à l’honneur avec le lancement de Procom, une combinaison équipée par des capteurs de chaleur et d’humidité.

Skieur en combinaison Dainese
Le ski est un des sports dynamiques auxquels Dainese consacre son activité à partir des années 90

Mais la dernière décennie du XXème siècle est surtout celle où Dainese, désormais bien implanté dans le monde des motards, transpose son savoir-faire à d’autres disciplines sportives telles le VTT, le snowboard et le ski alpin. Pour cela, l’usine vénète crée la division « No Impact ».

Au début du XXIème siècle, l’ouverture à d’autres domaines s’étend à l’équitation, au cross-country et à des secteurs professionnels comme l’entretien de plateformes pétrolières ou la conduite de blindés militaires. Les motocyclistes ne sont pas délaissés pour autant et Dainese, dorénavant leader de l’équipement moto en Europe, présente un prototype de gilet à air-bag, le D-Air, dès l’an 2000. Dans la foulée, c’est la création du D-Mobile en 2001, un laboratoire de recherche itinérant qui accompagne les pilotes sur les circuits. A partir de 2006, le gilet airbag D-air racing rencontre le succès en conditions réelles ; Simone Grotzkyj est le premier pilote à le déclencher en GP lors des essais de Valence. En 2009 enfin, Dainese s’associe au Massachusetts Institute of Technology pour concevoir une combinaison dédiée aux astronautes qui doivent aller sur Mars.

Le démon de la vitesse

Poggiali, Rossi et Pedrosa: trois champions du monde qui utilisent l'équipement moto Dainese
En 2003 à Valence, trois champions du monde pour une photo historique : Manuel Poggiali, Valentino Rossi et Daniel Pedrosa

Dès ses débuts, Il Demone della Velocittà se lie aux pilotes de course. Cela commence en 1974 avec l’allemand Dieter Braun. En 1976, c’est l’incontournable Giacomo Agostini qui arbore les couleurs de Dainese et qui contribue à l’ergonomie des combinaisons. Deux ans plus tard, c’est Barry Sheene qui participe au perfectionnement des protections dorsales. En 1995, les tests des premiers gants avec fibres de carbone et kevlar sont effectués par Max Biaggi. Depuis leurs débuts dans les années 2000, Valentino Rossi, Manuel Poggiali et Daniel Pedrosa sont accompagnés par le groupe italien. Avec ces trois pilotes, Dainese est présent dans les principaux championnats du monde de vitesse. A cette liste déjà prestigieuse, on peut ajouter les noms de Freddy Spencer, Kenny Roberts, Kevin Schwantz, Olivier Jacque, Carl Fogarty et Jorge Lorenzo.

Fidélité oblige, le géant de l’équipement moto organise depuis 2009 le Dainese Italian Legendary Tour, un road trip en Italie où les gagnants d’un concours voyagent à moto aux côtés des légendes sportives associées au petit diable rouge : Giacomo Agostini, Marco Lucchinelli, Carl Fogarty et Kevin Schwantz, entre autres.

Giacomo Agostini en combi et autres équipements moto Dainese
Des années 70 à aujourdhui, le légendaire Giacomo Agostini reste associé à Dainese

En rachetant TCX en 2020, le sérénissime démon, qui était déjà propriétaire des casques AGV, étend son offre dans le domaine du deux-roues. En effet, TCX fournissait une gamme complète de bottes et chaussures pour tous types de pratiques motocyclistes avec un soin particulier appliqué à la protection. De son côté, Dainese ne proposait qu’une trentaine de modèles. On ne sait pas encore si la marque TCX, ainsi que l’ensemble de ses produits, perdureront mais on peut supposer, vu les savoir-faire et exigences respectifs des deux manufactures, que Dainese maintiendra une qualité haut de gamme.