A l’origine les premières Outlaws sont apparues au début des années 1980 aux États-Unis, construites par l’équipe 100% familiale, père et fils d’Emory Motorsports.
Leur but est simple, redonner vie à de vieilles 356 abandonnées par leurs propriétaires.

Ce modèle de Porsche, sortie d’usine pour la dernière fois en 1965, etait souvent mal entretenu. Il n’est pas rare de trouver des 356 dans des états déplorables sur le marché de l’occasion. Une aubaine pour les garagistes de l’époque qui sentant le filon ont commencés à gonfler et personnaliser ces Porsches en bout de course.

Emory Motorsports va rapidement se faire un nom dans le secteur, leurs modèles reconnaissables parmi toutes présentaient souvent les mêmes caractéristiques : une carrosserie pas parfaitement polis, l’absence de « matching numbers » tout en essayant de transgresser le maximum de règles. Leur prep’ étaient différentes et arboraient un look rebel qui offrit naturellement le surnom de « Outlaws ».

Peu de temps après, le culte de la Outlaw dépassa les frontières de tous les états de cette bonne vieille Amérique qui ne respecte rien. Un succès qui suscitera évidemment les vocations et pour éviter tout malentendu Emory Motorsport va rapidement produire des badges « Outlaw » qui seront soigneusement apposées sur leur préparation. On trouve sur le marché quelques modèles qui n’ont pas été produite par la famille Emory, car leur notoriété était telle qu’ils se permettaient d’offrir à la concurrence quelques badges lorsqu’ils jugeaient que le travail réalisé le méritait.

Le concept de l’Outlaw 356 s’est donc généralisé au fil du temps et offrait une seconde chance pour de nombreuses Porsche 356 qui avaient été négligées au fil des ans et qui n’avaient plus de moteurs d’origine. Aucun collectionneur de Porsche sérieux ne serait intéressé par ces voitures, mais elles restent parfaites pour tout amateur de belles courbes sportives.

De nos jours, la communauté Porsche a fini par accueillir les Outlaws dans leurs rangs, et finalement le 356 Registry a même introduit une classe Outlaw dans leur Concours d’Elégance. Aujourd’hui, une bonne Porsche 356 Outlaw est souvent aussi appréciable (parfois plus) qu’une originale.

 

LA PORSCHE 356 C OUTLAW DE 1964 Chassis no. 128955

La voiture que vous voyez ici a été construite par certains des hommes les plus respectés de l’industrie, et c’est un bon exemple de second souffle pour une voiture qui aurait autrement fini au fond d’une quelconque mare.

Son histoire est ancienne et reste encore à l’heure actuelle un mystère, acquise en 2012, elle n’avait plus son moteur d’origine, et la carrosserie souffrait de rouille – un problème très commun pour les modèles des années 60.

La voiture a été envoyée à des experts renommés de la restauration, Backyard Legends, à Concord, en Caroline du Nord, qui l’ont ramenée au métal nu et ont restauré le corps à un niveau incroyablement élevé.

Pendant les réparations, les ailes arrière ont également été modifiées pour permettre à des pneus plus gros de passer – une modification courante sur les Outlaws. Comme le moteur d’origine était manquant, le propriétaire a opté pour une mise à niveau significative et a équipé sa belle d’un moteur de 911 de 75 qui avait été totalement revue et corrigé à la main par David Brown.

Châssis et suspensions en acier tubulaire sont l’œuvre de la légende de la course et ancien chef de l’équipe Brumos Racing, j’ai nommé monsieur Mike Colucci.

 

Evidemment, c’est le genre de détail qui propulse cette épave au rang d’objet de convoitise pour tout fan de Porsche qui se respecte. A noter, qu’une fois entièrement remontée la voiture a été mesurée à 236 ch soit quasiment le triple de la version d’origine.

Beaucoup plus rapide, offrant une meilleur maniabilité, entièrement repeinte le tout associé à un intérieur en cuir marron fabriqué sur mesure par GTS Classics au Texas. Le modèle au look classique et aux performances à couper le souffle a été présenté et mis aux enchères par Bonhams, il a trouvé acquéreur le 8 mars dernier au prix de 122 080 $ (99 446 €).

Pas si cher pour le plaisir de rouler dans les belles lignes Porsche des années 50, sachant qu’un modèle « matching numbers » en excellent état de 1955 s’est arraché au prix de 632 000$ ( 514 825 €) lors de la même vente.