Les Bosozoku, on en parle, on les admire, parfois on se moque de leurs motos tunées à l’extrême, dans un style très particulier.

Véritables cailloux dans la godasse japonaise (ou plutôt les Geta, et je ne parle pas du DJ), ils arpentaient les routes en bande, moteur vrombissants, zigzaguant entre les voitures et frappant le sol (et meme souvent leurs adversaires) à coups de battes de baseball.

Mais qui sont ils vraiment ? Comment est né ce mouvement ? Laissons nous emmener gazs en grand auprès de ces rebelles en voie de disparition.

Bosozoku : Les origines

Il semblerait que tout commence suite à la 2nde guerre mondiale. Les Kamikazes, dont les missions suicide non- programmées, et les anciens combattants, ayant vécus la guerre, sans espoir d’un jour pouvoir rentrer chez eux se sont retrouvés inadaptés, à la vie civile. Le stress post-traumatique n’y étant sans doute pas étranger.

Certains se sont réfugiés dans la recherche de nouvelles sensations fortes, modifiant leurs véhicules et sombrant peu à peu dans des activités de gangs de rues. La culture americaine s’étant étendue jusqu’à eux, certains films tels « Rebel without a cause » (La fureur de Vivre en français), les ont inspirés à la fois pour le look mais aussi l’idéologie. Les Bosozoku étaient nés !

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Cependant, contrairement aux Gangs américains tels les Hell’s Angels, les Bosozoku ont principalement entre 16 et 20 ans. Les motos et scooters étant plus accessibles financièrement qu’une voiture, leurs montures étaient toutes trouvées.  Certains d’entre eux basculeront dans un univers encore plus noir, celui des Yakuza, à l’affut de jeunes en rebellion.

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Comment ces groupes peuvent il exister dans un Japon pourtant si strict ?

Le photographe japonais Masayuki Yoshinaga , qui a passé du temps à suivre des gangs Bosozoku pour une collection de photos , dit que ceux-ci définiraient leurs valeurs dans les termes suivants : des protecteurs de la tradition japonaise, qui a été abandonné par la société de masse.

D’après Yoshinaga, pour ce qui est du sens des valeurs japonaises, ils sont bien sûr hors sujet , bien loin de la simplicité traditionnelle japonaise . Voilà pourquoi  en réalité ils sont très loins de ces valeurs … Mais dans leur esprit ils sont des samurai habités par le Yamato-Damashii.

Mais qu’est ce que donc que le Yamato Damashii ?

Le site NipponConnection.fr l’explique ainsi :

Ce terme n’a pas d’équivalent fidèle en français, en tout cas aucun terme ne peut résumer la totalité de sa signification. On pourrait cependant parler d’« âme du Japon». Concrètement, dans le cas présent, cela veut dire que les Bosozoku se voient comme des guerriers errants, représentant leur clans de la même manière qu’autrefois les Daimyo (ou seigneurs féodaux japonais) étaient représentés par leurs samurai serviteurs. Ils se considèrent donc comme des représentants de différents groupes qui font partie du tout japonais.

Les Bosozoku ont mélangé sans complexe cette définition du samurai datant de la pré-restauration Meiji avec l’ultranationalisme radical de la période de la seconde guerre mondiale.  La preuve la plus flagrante de ce mélange est l’utilisation excessive de l’insigne naval japonais souvent assimilé au drapeau imperial. Cette imagerie peut être trouvée sur des écussons, des casques de moto, des drapeaux et même parfois sur les motos en elles-même. Les uniformes qu’ils portent sont des combinaisons modifiées pour ressembler à ceux des kamikaze.

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A l’époque, on disait aux pilotes-suicides qu’ils étaient les descendants spirituels des samurai.  La plupart d’entre eux avaient 16 ans à la fin de la guerre, alors que le Japon perdait petit à petit tout espoir d’en sortir victorieux. On leur donnait un uniforme, un avion et on leur demandait de détruire leur ennemi pour sauver leur honneur sacré et l’honneur du Japon. Dès lors, il est facile de comprendre pourquoi les Bosozoku ont fini par se considérer comme leurs successeurs dans un Japon vaincu et occupé.

Peu importe qu’ils soient 50 ou 100, attaque, même si tu es seul. Tu dois protéger la réputation que nos anciens ont construite pour nous. Attaque.

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Les signes distinctifs des Bosozoku

Bien que le mot Bosozoku soit un terme « générique », chaque gang arborait fièrement ses propres codes et style.

Parmi les éléments les plus courants :

  • Des motos préparées au look excentrique. Principalement sur base de 400cc, moins contraignant en terme de permis Japonais, plus abordable aussi bien sur l’achat que les taxes et assurances.  On y retrouve des sissy bar demesurés (plus ils sont hauts, plus ils tanguent lorsque des rapides virages gauche/droite), des guidons hauts au look chopper, des carénages pointés vers le ciel, des couleurs flashy et bien évidemment une batterie de klaxons et un pot d’échappement libre pour faire le maximum de bruit lors des rides nocturnes.

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  • Leur Look : Mix entre japon traditionnel et influence américaine notamment dans le style Grease, avec coiffure banane, perfectos et bien évidemment attitude provocante. Sans oublier, chaines et battes de baseball …

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  • Le Leader, également appelé « Sentosha » arbore fièrement le Tokko-Fukku, grande veste brodées de Kenji au nom du gang.

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Quel avenir pour les Bosozoku ?

Et bien, il semble bien sombre.

2 raisons en sont les principales causes :

  • Tout d’abord, la crise économique. Le Japon n’est pas épargné et la recession, precarisation du travail, hausse du chômage et des impôts n’ont cessé de croitre. Bien que tout ceci pourrait être un terreau fertile à la marginalisation tels les Bosozoku, c’est au contraire sans doute une des raisons principales de leurs disparition. Les motos, la personnalisation, les tenues et différents codes sont chères et de moins en moins de jeunes peuvent se l’offrir. Durant ces dernières années, de plus en plus roulaient en scooter bon marché avec des vêtements classiques, bien loin de l’esprit des debuts..

 

  • Ensuite, la pression policière. Dans les années 90, les policier se contentaient de « chasser » les Bosozoku et malgré les arrestations, ils les laissaient repartir sans grande incidence. Dorénavant, les véhicules de police sont équipées de cameras permettant de collecter le maximum d’infos sur ces rebelles, les condamnations vont bon train surtout pour leurs dossiers de conduite. Bizarrement, ce ne sont pas pour leurs méfaits qu’ils disparaîtront.

 

Tout ceci a mené à la création des KyushakaiA contrario des Bosozoku, ils sont composés d’adultes reprenant la culture, les codes et accoutrements. Cependant, ils s’éloignent de l’idéologie de base et ne jurent agir que dans un cadre légal. Peu à peu, ils prendront le pas sur les Bosozoku, qui disparaitront à petit feu.

De plus en plus de femmes intègrent les Kyushakai. La plupart d’entre elles étant sorties avec des Bosozoku dans leur jeunesse et devenues motardes à part entière maintenant.

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Aller plus loin :

Je vous conseille le livre de Masayuni Yoshinaga (dont nous avons parlé plus haut dans l’article). Vraiment un très beau livre avec de superbes portraits de Bosozoku (Merci Seiji et Tomoko pour ce cadeau !)

 

  • Vice Japan a réalisé un reportage d’environ 30 mn, disponible ici :

 

  • Et l’incontournable film « Sayonara Speed tribe » disponible à moins de 10 € sur Vimeo, avec le trailer ici :

SAYONARA SPEED TRIBES from Jamie Morris on Vimeo.

 

  • A regarder également « God Speed You ! Black Emperor », sorti en 1976, racontant les exploits du gang du même nom, entre provoque, sigles condamnables et rides dans Tokyo. Le tout en noir et blanc.

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