Nous l’annoncions en juillet dernier ; le constructeur britannique CCM marque son grand retour avec l’arrivée sur le marché d’une gamme de scrambler baptisée « Spitfire ». Ces sept déclinaisons seront distribuées à l’automne prochain et nous avons eu l’immense privilège d’en rouler deux d’entre elles, fraîchement débarquées de l’usine de Bolton.

Un peu d’histoire concernant CCM

Les Spitfire sont les héritières directes de l’expérience en motocross de la firme, crée en 1971 par Alan Clews. Ce dernier offrit à BSA ses lettres de noblesse sur la scène internationale off-road durant les années 1960. Clews Competition Machines naquit de la perte de vitesse de BSA à l’approche des 70’ et de son retrait de la compétition.

Alan développa alors ses premiers modèles de 600cc pour perdurer l’héritage et remporta immédiatement de francs succès sur la scène internationale. Cinquante ans plus tard, le mythe renaît autour d’une gamme made in UK et fidèle à l’esprit d’origine. 

Au paddock

CCM a réussi un tour de force en ravivant l’ADN du scrambler sur des machines de série. À l’heure où tous les grands constructeurs proposent des motos aseptisées et maquillées en anciennes, les Spitfire ne s’encombrent pas d’artifices. Ne cherchez pas d’ABS ou d’écran TFT, elles n’ont besoin que du bouton « Fire » pour s’éveiller, d’une poignée droite pour s’exprimer, de gros Brembo pour appuyer et du bouton « Kill » pour s’arrêter.

À l’instar de leurs fonctions rustiques, ces machines présentent une qualité de finition exclusive. Mon premier coup d’oeil se perd sur l’incroyable architecture autour de laquelle la gamme est construite. Le cadre en acier est d’un dessin hors norme et d’une finition léchée. Le soin du détail se lit aussi dans les garde-boue et tés de fourche taillés dans l’aluminium, les nombreuses pièces en fibre de carbon (à priori en option) ou la qualité de la sellerie. Chaque organe présente un intérêt technique sublimé d’une attention remarquable.

Prise en main des CCM Spitfire

Si nous savions que cet essai serait hors norme, les 150kg tout mouillés des machines nous font presque perdre nos repères. Nous comprenons alors le choix du mono de 600cc ne développant « que » 55ch, à peine plus qu’une A2 mais avec 50kg de moins qu’une cb 500. Le contact enfin enclenché, ma première pression du bouton « Fire » impose un doux rictus de satisfaction et colore l’ambiance d’une présence pas franchement dissimulée. Nos deux déclinaisons de Spitfire « Scrambler » et « Flat Tracker » arborent deux lignes d’échappement de conceptions et signatures sonores bien distinctes.

La première enclenchée, nous partons pour une liaison 150km de plaines et forêts Jurassiennes et savourons ces premiers tours de roue, tant attendus. Le mono n’arrache pas les bras, mais les vibrations et sonorités des machines procurent des sensations ravivant de vieux souvenirs de motocross. Il ne m’aura pas fallu longtemps pour me surprendre à tendre la jambe dans les ronds-points. Arrivent alors les premières lignes droites et nous comprenons que les Spitfire ne sont plus dans leur élément. Les rafales de vent nous baladent et nous atteignons le fond de six pour une pointe à 150km. N’envisagez pas d’emprunter des voies rapides sur de grandes distances, bien d’autres motos modernes font ça très bien !

Notre tour du Jura nous aura offert des spots bien plus intéressants pour les exploiter. Les premières routes de basse montagne sont le théâtre des premières prises d’angle. La partie cycle se révèle irréprochable et les freinages sont sécurisants. Les gros Maxxis de flat track restent soudés à l’asphalte mais leur poids impose un effet gyroscopique important compliquant l’engagement en entrée de courbe. On pousse comme des sourds sur les guidons pour les coucher et faisons hurler les monos en sortie de virage. Ses jouets appellent surtout à sortir des départementales et nous avons eu la chance de croiser un sentier forestier aussi sinueux que valloné mêlant asphalte, terre battue et neige (au belvédère des quatre lacs). Leurs faibles poids pardonnent les pertes d’adhérence et les rapports courts permettent des relances efficaces. Le chemin devenu piste, nous reprenons une part de dessert et travaillons nos traces sur cet incroyable spot. 

En bref sur la CCM

Les mots nous manquent pour remercier Stéphane Mézard, ex-pilote usine en supermotard de la marque et distributeur en France, de nous avoir confié ses précieux prototypes #5 et #6. Cela ne fait aucun doute que les Spitfire seront les confidentes de nombreux motards désireux de retrouver le plus pur esprit scrambler, malgré une apparence et finition plutôt premium. CCM atteint la parfaite balance entre le côté « fuck yourself ! » et la finition handmade à l’anglaise. Il est impossible de rester sage à leur guidon et pour être dignement rentrés dedans, les machines se sont révélées d’une stabilité et rigidité rassurantes pour leur poids. Nous regrettons quand même un léger manque de gouache du mono et rêvons déjà d’un développement de la gamme et de l’apparition de nouvelles motorisations… autant vous dire qu’on suit ça de près !

Merci à nos nombreux partenaires qui nous ont permis de partir une semaine ces superbes conditions ; CCM MotorcycleLand Rover FranceDoc Martens,Artonvel,Bolid’ster,Rezin WoodMarch LA.BForclaz,Original DriverMarko Helmetset sans oublié notre chère hôte Martine des loges du Coinchetou nous avons été reçus dans de formidables conditions. Nous tenons à la remercier vivement de sa générosité à notre égard et nous vous invitons à découvrir les lieux.

Maxime GuiotRAW Collectif