Il y a quelques semaines nous vous présentions le défi totalement fou de Maria et Remi. Rallier la Nouvelle-Zelande à la France en roadtrip moto ? Facile !

Voici la partie 2 :

« Aux dernières nouvelles, nous étions en Indonésie et voulions rallier l’île de Java avec Sumatra.

Nous voici maintenant au Cambodge ! Retour sur 4 incroyables mois de voyage…

Il faut avoir de bons freins et l’estomac bien accroché pour conduire en Indonésie. Le code de la route étant inexistant, c’est à celui qui passe en premier (ou qui a le plus gros véhicule). Traverser Java, une île à la densité de population aussi folle que ses paysages, n’est pas de tout repos. Heureusement, on s’y fait vite : en quelques jours, on conduit (presque) comme les locaux !

Après avoir traversé l’île d’est en ouest, nous voici dans la petite ville de Cilegon, avec l’espoir de prendre le ferry pour passer à Sumatra. Comme d’habitude, nous sommes les seuls occidentaux en vue et les indonésiens ont l’air très étonnés de nous voir. Pendant qu’on fait une petite sieste sur le pont du bateau, ils défilent pour se prendre en photo avec nous.

Á Sumatra, l’ambiance change du tout au tout. Après la fourmillante Java, cette région nous semble beaucoup plus calme et verte, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Si l’état de la route est toujours aussi aléatoire, le trafic est moins dense et la vue dégagée. Les rencontres avec les locaux et les clubs de motards sont toujours aussi agréables ! Tout le monde cherche à nous aider, à nous indiquer la bonne route, dans un pays où Google Maps est aussi instable que la météo. La mousson a bel et bien commencé et il y a heureusement des petits abris au bord de la route, où les motards se réfugient à chaque averse torrentielle. C’est l’occasion de parler moto (évidemment), mais aussi d’apprendre quelques mots d’indonésien, bien utiles pour nous, dans un pays où très peu de gens parlent anglais.

Au nord de Sumatra, nous cherchons à passer en Malaisie. Après plusieurs jours à parcourir la ville de Tanjung Balai de part et autre, nous nous rendons compte que toutes nos demandes d’informations nous ramènent vers la même personne, un certain Mr Ade. Cet ancien militaire, aussi antipathique qu’autoritaire, ne nous laissera pas prendre le bateau sans que nous nous acquittions d’un « droit de passage », aussi élevé que le prix des motos. Nous tentons de négocier de longues heures, mais finalement, pressés par le temps (c’est notre dernier jour de visa), nous devons payer le bakchich, légèrement renégocié, pour monter sur le bateau. C’est de loin le souvenir le plus désagréable du voyage et cela nous laisse un goût amer pour nos derniers jours sur Sumatra. Heureusement, nous avons passé aussi plein de bons moments en Indonésie, et c’est ce que nous retiendrons  !

L’arrivée en Malaisie se fait sans embûche, avec l’aide de nos carnets de passage pour les motos et grâce à la gentillesse des agents de douanes. Je ne connaissais rien à ce pays et c’est une vraie découverte ! Les routes sont sublimes, vraiment très agréables en moto. On  prend autant de plaisir à rouler sur les grandes courbes à travers les montagnes verdoyantes que sur les petits chemins au milieu des rizières. Sur le bord des routes, on aperçoit parfois d’impressionnants varans en train de faire la sieste. Au centre du pays, nous traversons les Cameron Highlands, une chaîne de montagnes magnifiques. L’océan de plantations de thé qui défile devant nos yeux nous ferait presque penser à la Nouvelle-Zélande, tant c’est beau! Par contre il ne faut pas laisser sa moto sans surveillance trop longtemps : les forêts regorgent de petits singes assez malins pour faire un double des clefs et se barrer avec ta moto !

Arrivés sur la côte Ouest, nous empruntons un immense pont (23 km !) pour rejoindre l’île de Penang, qui fait vraiment figure d’exception en Malaisie. Les habitants y sont à majorité d’origine chinoise ou indienne et la ville est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous y restons quelques jours, à nous balader dans les rues et à vider les stands de street food.

Il est temps de passer en Thaïlande. La traversée de la  frontière est, comme d’habitude, un peu stressante, mais ne nous prend que quelques heures ! Le sud du pays est très sauvage, vraiment chouette. C’est aussi une région bouleversée par de nombreux affrontements et attentats contre la junte militaire en place, mais nous ne nous sentons jamais en danger. S’ensuivent des centaines de kilomètres de route vers la capitale, Bangkok. Malheureusement c’est beaucoup de grands axes, rien de très palpitant.

Heureusement qu’on peut s’arrêter en route pour voir de très belles choses ! Comme par exemple ces incroyables grottes baignées de lumière, à Phetchaburi.

Contents de retrouver Bangkok, qui est une grande étape dans notre voyage, nous y restons une semaine, à nous reposer, avant de repartir vers le Cambodge ! Avertis par des bikers que le poste frontière du Sud est le plus facile à traverser avec des motos étrangères, nous longeons la côte pendant deux jours pour arriver à Hat Lek.

Nous entrons au Cambodge plutôt facilement et en sommes les premiers surpris ! La prochaine étape est Siem Reap, la ville des célèbres temples d’Angkor. Deux itinéraires s’offrent à nous : soit direction nord, par les montagnes des Cardamomes, soit par l’est, en passant par la capitale Phnom Penh. La première option est beaucoup plus excitante à nos yeux, et c’est notre premier choix ! Malheureusement, il pleut  à torrent  depuis une semaine et les locaux nous déconseillent fortement de  nous aventurer sur ces pistes extrêmement boueuses. Il faut nous résoudre à prendre les routes bitumées, mais nous comptons bien revenir dans ses montagnes (il y a des tigres apparemment là-bas ! Comment passer à côté ?!)

Le Cambodge se révèle merveilleux à moto. Nous dormons dans le centre de Siem Reap, mais en seulement 15 minutes de route nous pouvons explorer des temples magnifiques et déserts, ainsi que des coins de nature complètement vierges. Les pistes en terre sont un vrai régal avec nos motos, et plus que jamais je me félicite d’avoir un bon équipement de sécurité (merci Klim !). Il a vraiment fait la différence entre une petite chute marrante à raconter et une histoire qui aurait pu s’avérer beaucoup moins drôle ! 

En tous cas, quel plaisir de pouvoir aller à Angkor Vat tous les soirs, une fois le site gratuit (à partir de 17h30). L’atmosphère à la tombée de la nuit est complètement magique, on sent presque les esprits des anciens rois autour de nous (à moins que ça ne soit encore les singes qui nous jouent des tours).

 

Et c’est ainsi que s’achève la première grosse étape de notre voyage ! Une petite pause au Cambodge et on se retrouve bientôt pour la suite ? »

Pour retrouver la première partie du voyage, c’est ici : https://4h10.com/2017/05/from-nz-to-fr-partie-1/