Tout droit sortie d’un petit atelier situé dans le Morbihan, cette Ducati baptisée « Monster Tracker », car sur une base de Ducati Monster 900, détonne par son originalité et son niveau de finition. C’est l’œuvre de Hervé, le tôlier de Satora Design.

Hervé ne fait pas les choses de manière classique. Par exemple, il est totalement impossible de passer commande et de l’obliger à respecter un cahier des charges ou des volontés particulières.

Le choix est donc rapidement fait de construire des motos à l’image et au besoin du concepteur, puis d’éventuellement les vendre ensuite, en modifiant si nécessaire uniquement quelques détails.

Du coup, la production est quasi « anémique » : une à deux motos par an seulement.

L’autre particularité de Satora Design est de réaliser seul et sans aides extérieures la majorité des modifications. Soudure, peinture, composite, electricité, sellerie… Tout est réalisé à l’atelier, à la main.

Une Ducati Monster Café racer : oui mais comment ?

La base du Monster Tracker est une Ducati 900 ies en fin de 1ère vie, mais en parfait état. Amortisseur arrière Ohlins réglable, Fourche réglable, etc…

Le dessin initial était principalement axé sur la mise en valeur du magnifique carde treillis d’origine. Associé à un ensemble monocoque « réservoir-selle » looké seventies. Cette pièce à nécessité le plus gros du travail de cette préparation, elle est réalisée en composite Carbone Vinylester, sous vide.

La pompe à essence devient externe. La capacité est d’environ 20L et une petite jauge tubulaire permet de voir le niveau d’essence. L’ensemble est agrémenté d’un bouchon vintage à levier, qui équipait déjà une Italienne (d’origine inconnue) dans les années 70.

Les roues forment un autre point esthétique important sur cette machine: des flasques de jante en carbone viennent renforcer le look ramassé, compact, et finement massif de l’ensemble et offrent au final un look bien agressif.

Surprise au niveau des pneus choisis : ce sont des pneus pluie de compétition dont la longévité est étonnante en conduite classique pour cette moto résolument prévue pour le sec. Pour le sec, car peu de protection à l’arrière, et aucun garde boue à l’avant. Un petit garde boue avant a pourtant été fabriqué en Carbone, il a pris place, il a été retiré, aller retour à plusieurs reprises, pour finalement finir sa vie sur une étagère.

Le reste de la prépa est plus classique, avec une petite batterie lithium, des mini-clignos. Le phare choisi à été désossé, modifié, repeint. Le guidon est du type Flat track, mais pourrait facilement être remplacé par des bracelets. Petit feu arrière à Led, intégré sous le cul de selle. Évidemment, la boite à air à disparu et à été remplacée par des cornets « maison », avec filtres « maison ». Pour contribuer au compactage de l’ensemble, des mini silencieux Biltwell sont installés, mais sont peut être encore un peu bruyant. Plaque déportée pour affiner l’arrière. La sellerie est en cuir, les poignées aussi.

Le poste de pilotage est réduit à sa plus simple expression : un mini compteur (uniquement parce que c’est obligatoire) et un mini tableau de bord ne reprenant que les voyants strictement indispensables.

Alors bien sûr, toutes ces modifications ont permis de réduire de beaucoup le poids de l’ensemble. Dans cette configuration elle ne pèse plus que 150 kg. La puissance initiale n’a que peu augmentée, mais elle « respire » quand même beaucoup mieux.

Du coup, son comportement a radicalement changé, elle est légère et ça se sent. Au point que parfois il est même possible de « sentir » l’essence bouger dans le réservoir. Sensation de légèreté incroyable.

Elle aura nécessite au total plus de 180 heures de travail. Aujourd’hui, Hervé pense à la vendre, pour démarrer un nouveau projet… Certainement sur base d’Ural. Affaire à suivre…

Pour suivre les aventures  d’Hervé c’est ici : Facebook/SatoraD

Les très belles photos sont signées CHARLES SEGUY

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